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Négatif 0.2

Négatif, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la photographie.

 

femme-au-parapluie

Hiro

« Dans le silence de la pluie,
Mon cœur rythmé respire la vie. »

Lorsqu’un simple parapluie ne permet plus de se cacher. Lorsque la Nature se défoule à sa manière splendide, nous ne pouvons que patienter.
Au-delà de chaque centimètre carré – véritables « peintures photographiques » enfermant toute la poésie nippone -, au-delà des oppositions, de l’asymétrie, des antinomies, des contrastes, Hiro a su cristalliser sur sa pellicule une dimension symbolique de la photographie argentique à l’ère numérique.
Un parapluie signale la présence d’une jeune femme camouflée. Elle tente de se cacher dans un endroit sans toit, dans un endroit oublié où la Nature a commencé déjà à reprendre ses droits. Tournée vers la gauche symbolisant le Passé, cette figure féminine ne cherche pas à se protéger, mais à protéger. Dans sa main droite, d’une délicatesse maternelle, elle tient un ancien appareil qu’elle serre contre sa poitrine – dans un geste qui trahit la peur de perdre son enfant fétiche – pour le garder au sec.
L’Abandon du béton est omniprésent comme la Nature au-delà du béton. Seul, entre les deux, l’Homme cherche sa place…
Par un médium onirique et silencieux, Hiro nous conte une histoire sans fin.

G.

***

bobine

Oprisco photography – photographie argentique / Kiev 6C

Un instant, elle redresse la tête pour contempler le travail accompli. Son regard englobe le paysage, plat et humide, gris et ocre, qui l’entoure à perte de vue. Les lignes à haute tension surplombent le tout. Attentive, elle note le reflet de ses bottes boueuses dans les flaques d’eau, la brise qui plie les hautes herbes, et peut-être au loin les bâtiments d’une ferme isolée. Elle s’accorde cette halte silencieuse. Ce repos est-il commandé par la satisfaction du travail bien fait ou plus sûrement par la nostalgie d’un temps où ces lignes n’existaient pas ? Raffermissant sa prise sur l’aiguille, la silhouette solitaire repart le long des chemins. Il reste encore beaucoup à faire avant la tombée de la nuit.
La couturière de lignes électriques. Entre poésie et mélancolie, le conte prend forme, soutenu par une remarquable maitrise des couleurs et des contrastes. L’histoire s’étire en un lieu où le temps semble ne pas avoir sa place.

E.

Tous droits réservés. 

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