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Négatif 0.26

Négatif, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la photographie analogique.

Mr. Sid – Transiberian

« Nous étions quatre,
Nous voulions aller le plus loin possible,
Nous étions liés pour toujours.
Nos rêves devenus un seul,
Nous conduisaient vers des terres lointaines. »

La réalité nous transportait le long de villes inconnues, de villages appauvris, la nature immensément linéaire… Le rythme monotone des steppes et régulier de la locomotive nous rappelait que nous étions les fruits d’une vie absurde pleine d’habitudes.
Pour se réchauffer après les nuits froides, rien ne vaut la tasse de thé que nous apporte le Provodnik, toujours avec quelques morceaux de sucre blanc et quelques gâteaux – le luxe. Les rencontres se font plus facilement autour d’un verre, la parole est plus fluide et alors, les sourires se font bienveillants – nous sommes tous là et nous allons tous dans le même sens pour attraper le même rêve.
La journée commence ainsi et se termine comme ça : la route d’un géant faite de fer et acier ne s’arrête jamais, ce n’est qu’un éternel combat contre les lois physiques pour devancer son âme qui court devant. Le chemin est un jeu et nous ne sommes que ses témoins.

G.

***

Buenos Aires – Antoine Casel

Je me souviens avoir arpenté pendant des heures ces pavés inégaux. De jour comme de nuit. La nuit, la ville brille de néons, s’emplit d’éclats de voix et s’enivre de la sensualité du tango. Le jour, elle vit au rythme des cafés, des meriendas et des matés qui ponctuent la journée.
Les porteños se croisent dans les kioskos, ces minuscules échoppes à chaque coin de rues où pêle-mêle viennent les écoliers à la sortie de l’école pour dévaliser la réserve de bonbons et de chocolat, les mamas pour discuter un moment, les trabajadores fatigués pour acheter quelques cigarettes qu’ils fumeront en déambulant tranquillement.
Quittant la lumière du kiosko, les ombres s’allongent et se perdent dans l’obscurité. Elles abandonnent à l’aube le tumulte et l’effervescence d’une ville exaltée et impatiente pour se plonger dans un tohu-bohu frénétique et empressé.
Che, Buenos Aires nunca duerme !

E.

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