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Négatif 0.4

Négatif, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la photographie.

 

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Angex

« Il ne reste plus personne
Je disparais aussi,
D’un sourd bruit,
D’un trait de craie,
Tous sont partis.
Je reste et je m’ennuie. »

« Arrivé tôt, je suis celui que personne n’écoute. Je suis celui dont les paroles sont muettes.
Parent, enfant, enfant, parent, tous autour de l’élève qui se lève et part. Claquement de porte, deux trois pas, le silence, le voilà !
Le bourdonnement de voix abstraites s’apaise, je souris, j’évite le malaise.
Le bois autour, en mille rayures, tout nu me caresse et je le remercie. Si seulement ce goût amer de vie, qui va finir, pouvait sortir aussi…
Un homme brun, rasé de près, costume-cravate, chaussures poussiéreuses sont les derniers témoins, seuls révélateurs de son vide.
Et puis moi, son chapeau, toujours parfaitement entretenu, je reste son compagnon du quotidien…
Sauf ce jour triste où il m’oublia. »

Le photographe avisé, emporta seulement ce cliché, aux allures d’une nature-morte ou d’un miroir pour nous laisser une trace d’un temps révolu. Comme si le centre du monde se déplaçait d’une Europe déjà vieille vers là-bas, à droite, quelque part en Asie.

G.

***

Leo Berne - Cuba

Leo Berne

Des éclats de voix parviennent avec peine jusqu’à mon esprit embrumé par les rêves. Dans mon ventre, la sensation étrange et angoissante de ne plus savoir où je suis. Je me penche au-dessus du balcon pour situer la source de cette agitation qui m’a éveillée. Mais, comme contre ma volonté, c’est cette Lada des années 70 qui attire mon regard. L’odeur des draps propres remonte depuis le balcon du 3ème étage. Je me souviens la voisine s’appelle Claudia.
C’est le petit matin et les silhouettes s’allongent sur le sol. Chacun vaque à ses occupations, dans l’espoir de profiter de quelques instants de fraicheur avant la moiteur de l’après-midi. Une vieille dame remplit les mots croisés du journal de la semaine dernière. Je me souviens d’avoir goûté un ou plusieurs verres de Havana Club hier soir.
En écoutant la bonne humeur qui monte de la rue, mon regard européen se pose sur les murs un peu défraichis, un peu décrépits, un peu délabrés. Je me souviens, je suis à Cuba.

Simple spectateur, je ne peux que subir cette perspective vertigineuse due à la vue en plongée et les couleurs très légèrement passées d’un monde que je ne connais pas.

E.

Tous droits réservés. 

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