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Négatif 0.7

Négatif, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la photographie.

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Anonyme

« La fin du monde n’est qu’un vent froid »

C’était un un jour comme un autre, rien ne disait qu’on allait partir soudainement, sans aucune préparation, aucun plan, aucune programmation, sans savoir ce qui nous attendait, sans rien du tout, nous nous sommes juste regardés, et cela a suffi pour se décider. Nous avons pris la voiture en pleine nuit, nous avons roulé tranquillement en écoutant de Bob Dylan – la seule cassette qu’avait ma grand-mère dans sa voiture. Je l’ai regardé durant tout le voyage et quand je ne la regardais pas, c’était la route qui m’endormait. C’est un grondement, un bruit sourd et brut qui m’a réveillé. C’était l’Océan. Ma grand-mère s’est arrêtée devant une plage, près d’un spot de surf. Tout était désert. La vieille montre que mon grand-père m’avait offert affichait qu’il était entre cinq et six heures du matin. C’était une montre particulière qu’il avait lui-même fabriqué. Elle ne montrait ni les minutes, ni les secondes, ni de dates, ni rien du tout. Juste des chiffres noirs et un cadran blanc, avec une seule aiguille bleue qui indiquait approximativement l’heure. Ce qui comptait par-dessus de tout, c’est qu’elle était résistante à l’eau. Il a disparu peu de temps après qu’il me l’eut offerte.
C’est pour lui qu’on est là. Dans ce bout du monde. Aujourd’hui, il aurait pu avoir 67 ans. C’est son anniversaire, mais ma grand-mère a oublié. Elle ne retient jamais les dates d’anniversaires. C’est ici, qu’on l’avait vu pour la dernière fois. Pour ma grand-mère il vit là, sur cette plage près de ces cabanes, où il aimait surfer. C’est pour ça que nous sommes là. Pour surfer.

G.

***

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Olivia Zinsou

Flower power.
Un souvenir. Des fleurs bleues, blanches et jaune moutarde. Ce papier peint un peu jauni, un peu poussiéreux, il fait partie de ces choses dont on se dit qu’il faut se débarrasser définitivement et finalement… Ces petits riens du passé rassurent, peut-être, ou alors, ils font simplement partie du décor. Un jour, on ouvre la porte d’une pièce oubliée et l’odeur des étés d’enfance, les éclats de rire, les courses-poursuites, les fleurs bleues, blanches et jaune moutarde nous submergent. Le soleil du dehors illumine largement la pièce. Les reflets de lumière qui dansent et les couleurs passées te donnent l’impression de vivre dans un film en Super 8. Tu en profites pour t’approcher, poser ta tête contre la vitre froide, fermer les yeux et laisser le soleil te réconforter. Derrière tes paupières closes, tu imagines le ciel, très haut, d’un bleu profond tapissé d’étoiles. Un ciel de rêves et de possibles. Respire. Il y a des jours comme ça.

E.

 

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