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Négatif 0.9

Négatif, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la photographie.

kostia

Kostya Jonaitis

« Hors de la ville,
Au bout du chemin
Grandit le champ,
Des orphelins »

Partie très tôt, avec d’autres, dans ces champs. Je me demande où je vais. C’est la période. Pour ne pas me souvenir, je travaille, avec d’autres, dans ces champs. Jour après jour, il faut aller de l’avant. C’est la période. Quitter la ville, ses amis, pour se mettre à l’épreuve, avec d’autres, dans ces champs. Je m’efforce de respirer, je m’évertue à me comprendre. C’est la période. Seule désormais, pas après pas, je deviens grande, avec d’autres, dans ces champs. Je transpire et j’avance. Je questionne le soleil, sa force grandiose. C’est la période. Tout va finir et les champs seront vides, nous laisserons nos chemises, avec d’autres, dans ces champs. Le vent caressera nos joues et nos mains. Je me réveillerai pour sourire. Je croquerai à pleines dents le soleil et crierai de joie. C’est la période.

G.

***

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Florian Maurer 

Chaque matin, les silhouettes en pardessus sombres entament le même ballet. Epaules voûtées de fatigue et yeux ensommeillés, elles grimpent d’un même mouvement dans la rame. Elles ne se parleront pas pendant tout le trajet, préférant lire leur journal, écouter leur musique ou se laisser bercer par les soubresauts du métro. Les yeux s’évitent et les corps tentent de se ménager un espace vital entre chaque station.
Si l’œil se focalise sur les mains, il remarquera qu’elles reflètent les manies, les habitudes, les tics et l’état d’esprit des voyageurs. Certaines empoignent fermement la barre métallique, d’autres se retiennent du bout des doigts, s’agrippent courageusement, se retiennent au dernier moment ou se contorsionnent pour atteindre ce graal. Les plus téméraires, certaines de résister à tous les heurts qui émailleront ce trajet chaotique, préfèrent se camper résolument sur leurs jambes, défiant les lois de la pesanteur. Silhouettes floues donc anonymes, elles seront oubliées une fois sorties à l’air libre, lorsque le noir et blanc des souterrains laisse place au bleu du ciel.

E.

Tous droits réservés.

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