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Vibrato . No Tongues

Vibrato, n.m. : étude anticonformiste et personnelle de la musique.

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Hurlant sur les rivages, silencieuse dérive laquée, l’océan est la chambre des sons. Ses langues étirées courent au gré des vagues et chantent les abysses étouffés. Cacophonie dénigrée, la clameur noyée vogue vers les côtes. Crachant ses coquillages emplis de murmures le long des promenades, l’ogre bleu ne veut être muet. Le râle de la marée, là où se rompt le règne des flots. Chaque jour il s’élance pour submerger les ports dans un élan éperdu. S’il ne peut engloutir les berges, l’océan charme les hommes, colonise les terres insulaires. Ligoti, pomar, tondor qui sont ces roussettes aux multiples visages ? Le totem planté se fait antenne des êtres de la terre, relatant les affres marines. Jusqu’à marquer le corps de profondes blessures, le culte de l’océan est parures et entrelacement de rouges orchidées. Conscient de sa solitude, ethnie égarée à la cime du volcan millénaire, regarde chaque jour cet aplat de bleu devenir plus étincelant. Le village s’époumone en hommage, lui qui n’a eu le choix d’entendre la mer désespère de tendresse. La parole sacrée trouve écho dans les générations et se répète à l’infini, le chemin d’une vague portée par le vent.

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On vibre aussi pour ce chant de danse rituel Suahongi par un groupe de douze hommes originaires de l’île de Bellona, mais habitant Honiara, la capitale des Iles Salomon.
Extrait du disque “Polynesian Dances of Bellona (Mungiki), Solomon Islands”, plage A1 ; 1978 Ethnic Folkways FE 4274

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A.

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